En ce moment, je dévore « Le diable s’habille en Prada ». Les
malheurs de cette pauvre Andréa, esclave des temps modernes sous l’emprise du gourou de la mode me font bien rire. J’en
viens d’ailleurs à me demander si les personnages hyper caricaturés n’auraient pas une once de vérité. Après
tout, on a tous eu au cours de notre carrière des chefs dont les doléances ou le comportement étaient franchement
exagérées…
Quand j’étais en BTS, je bossais pour le compte d’un hôpital parisien qui par moments me
faisaient faire n’importe quoi. Parmis mes missions, j’ai réalisé un répertoire téléphonique version papier de
l’établissement. Un pour, la secrétaire du Big Boss m’appele pour passer commande : un exemplaire par ordre alphabétique
comprenant également l’affectation de la personne. En gros : des heures de boulot à tout refaire pour imprimer un
seul exemplaire pour Monsieur, pourquoi ? Parce qu’il avait envie d’en avoir un à emporter partout sous le bras quand
il est en ballade dans l’hôpital et ainsi avoir tous les numéros avec lui…. Composer le numéro du standard depuis
son DECT, c’est trop difficile ?? Y’a eu aussi les soirées où on me faisait faire la potiche pour économiser une
hôtesse venue en extra. A préciser que je n’étais pas censée faire des heures sup’, et qu’en période d’exam on m’a
fait le coup deux soirs de suite et j’ai été remerciée avec une enveloppe de 20€ ! C’est même pas ce que je me
faisait en une soirée de baby-sitting…
Ce qui me sidère tant dans le livre que dans la réalité, c’est
le manque d’empathie et de reconnaissance dont font preuve les Big Boss. Tu passes des heures sur un dossier, tu te défonces
pour ton boulot à essayer de répondre à des directives qui manquent de clarté et à part un merci de
politesse, tout ce que tu entendra, c’est les échos négatifs. Le positif? Il n’existe pas. Partant du principe que t’es
paié pour d’aquitter de ta mission du mieux que tu peux, tout le monde trouve ca normal… C’est bien dommage car dire qu’un
travail est apprécié, qu’il est de qualité, ca ne coûte rien et la personne qui l’a réalisé est d’autant plus
motivée à faire son boulot correctement et peut également progresser.
J’aime mon boulot, c’est ca qui
jusqu’ici me fait tenir bon, qui m’encourage à aller de l’avant, mais avec ce qui c’est passé ces jours ci, je me
demande qu’elle tournure vont prendre les choses prochainement… Une de mes collègue s’est faite licenciée. Comme
moi elle débute, elle s’est fort investie, mais visiblement ce n’était pas suffisant. Je dois dire que ca m’as foutue un
sacré coup. On ne s’y attendais pas… Il y a quelques jours encore on me chariait sur le fait que je suis encore en
période d’essai pour 2 mois, qu’il ne faut pas que je fasse de bêtises (on a un sens de l’humour special), même
si je n’ai rien à me reprocher, ca ne me fait plus rire du tout…
Après l’annonce le lundi, j’avais
une boule au ventre. Ce fut une semaine merdique… Je cumule les heures sup’ pour traiter les centaines de dossiers en
retard (oui oui, des centaines vous avez bien lu!), j’ai du mal à m’en sortir. C’est la théorie des vases
communiquants. J’enregistre 10 nouveaux dossiers, 20 autres arrivent sur mon bureau… Le classement s’amoncèle, j’ai
des recherches de candidats à faire, ai eu un rapport à rendre, d’autres choses à gérer…J’ai par
moments dur de me concentrer et de gérer…. Au début, rien que de penser au retard accumulé, j’avais des sueurs, je
me demandais « mais comment vais-je faire?? », maintenant je relativise, prends ca avec le sourire, limite si ca ne
me passe pas au dessus de la tête. Je fais ce que je peux, traite en priorité les nouveaux dossiers, m’organise pour
être aussi efficace que possible, arrive tôt le matin pour travailler dans le calme. Je m’accroche comme je peux,
mais ce n’est pas évident…. J’aurais l’esprit un peu plus tranquille d’ici deux mois, même si en toute logique on ne
va pas licencier tout le monde…
Heureusement que même si le Big Boss est exigent, qu’il ne ressemble pas
à la caractérielle Miranda Priestly… Je ne donnerais pas cher de ma peau sinon.